Jean-François Perron est étudiant dans le cadre du cours DRT 6929O
Au moment où la controverse fait rage en Chine quant à l’abandon de la censure par le géant Google, la secrétaire d’État des États-Unis Hillary Clinton décide d’ajouter de l’huile sur le feu dans un débat qui se veut maintenant aussi politique qu’idéologique.
Lors d’une conférence de presse, le 21 janvier dernier, Mme Clinton a fait un plaidoyer en faveur d’un Internet libre, sans frontières, et surtout, sans censure, qui selon elle est appelé à devenir un « nouveau système nerveux du monde ». En attaquant la Chine à mots peu couverts, elle affirme de même que « les pays qui restreignent le libre accès à l’information ou violent les droits élémentaires des utilisateurs d’Internet risquent de se couper des progrès du siècle à venir ».
L’élément déclencheur de cette saga fort captivante débute par une annonce de Google accusant la Chine de vols de propriété intellectuelle et d’attaques informatiques sur des comptes Gmail appartenant à des défenseurs des droits de l’homme. La compagnie a du même coup menacé la Chine qu’elle serait dans l’obligation de cesser ses activités sur son territoire advenant un refus sur sa décision de renoncer à l’utilisation de la censure :
« We have decided we are no longer willing to continue censoring our results on Google.cn ».
L’Assemblée nationale populaire de la République de Chine a en effet adopté plusieurs lois sur la censure et la surveillance d’Internet. Sous l’égide de ce que l’on nomme le « Golden Shield Project », ces lois ont alloué aux provinces chinoises un contrôle accru sur les fournisseurs d’accès Internet et permis l’instauration du « Great Firewall of China », un système informatisé empêchant la connexion d’adresses IP à certains sites sélectionnés.
Selon nous, les compagnies étrangères qui s’établissent en Chine ont toujours une épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur réputation internationale compte tenu de la réalité législative du pays. Un exemple étayant cette affirmation serait le cas de Yahoo ! En avril 2007, le groupe de défense des droits de l’homme, le World Organization for Human Rights, portait plainte contre Yahoo aux États-Unis au nom de Wang Xiaoning, condamné à 10 ans de détention en Chine pour « inciting the overthrow of the state ». Yahoo aurait remis des informations confidentielles au gouvernement chinois concernant les publications faites par M. Xiaoning dans un journal électronique hébergé sur Yahoo Groupes. L’affaire a toutefois été réglée hors cour, car Yahoo n’appréciait pas être associé aux tortures subies par le dissident dans les prisons chinoises.
Google semble avoir appris de ses erreurs ainsi que celles de ses compétiteurs puisque la firme américaine profite de l’occasion pour redorer son blason en remettant à l’ordre du jour le respect de la liberté d’expression prévue entre autres à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme :
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».
De même, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce :
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».
Au final, en plus de faire un coup de publicité rocambolesque, Google peut enfin appliquer la devise de l’entreprise « Don’t be evil » partout à travers le monde avec une confiance renouvelée, et ce, sans le déshonneur que lui causait l’application de la censure en Chine.














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Commentaires
1. lundi 25 janvier 2010 par Gilles de Stex :: L’arrêt de la censure par Google
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