Pascale Lacroix-Vezina est étudiante dans le cadre du cours DRT 6903A (Éloise Gratton).
Le 3 novembre dernier, Amazon a envoyé un courriel à l’ensemble des partenaires de son programme d’affiliation pour les informer de l’introduction d’un outil d’intégration « Partager sur Twitter » (Share on Twitter) permettant de faire facilement la promotion des produits Amazon sur le site de micro-blogging. Ainsi, l’outil permet aux utilisateurs de préparer en un clic un message avec l’URL de la page d’un produit, et de l’ajouter dans leur boîte de mise à jour de statut.
Amazon possède depuis plus de douze ans un programme d’affiliation en ligne permettant à des propriétaires de sites Web de tirer des revenus additionnels de leur site grâce à la promotion de produits Amazon. En effet, lorsqu’un internaute clique sur un lien ou sur une bannière publicitaire pointant vers une page de produits Amazon, le propriétaire du site gagne une commission pouvant aller jusqu’à 15% de la valeur du produit. Évidemment, ce programme a connu un souffle nouveau grâce à l’explosion des médias sociaux, qui a permis à Amazon d’étendre son bassin de partenaires potentiels de façon exponentielle.
Jusque là , l’ajout de l’option de partage sur Twitter au programme d’Amazon ne semble pas poser de problème : plusieurs blogueurs utilisent l’outil d’intégration Share on Twitter sur leur site depuis un bon moment et personne ne s’en formalise. Toutefois, la situation est un peu différente dans le cas d’Amazon puisqu’il s’agit d’un site transactionnel et que les partenaires reçoivent une commission lorsque les utilisateurs cliquent sur leurs liens. Par ailleurs, sur un site comme Twitter, où le partage de liens est l’une des activités centrales, certains internautes pourraient ne pas réaliser que le petit texte « J’adore le nouveau livre de Dan Brown » inclus dans la boîte What are you doing ? est en fait une publicité, et que l’émetteur est payé pour que celui-ci clique sur le lien qui le redirigera vers le site d’Amazon.
Le problème avec Twitter est que le plafond de 140 caractères par message limite la possibilité pour les utilisateurs du programme de spécifier qu’il s’agit d’un message publicitaire. Il deviendra donc difficile de faire la différence entre une simple recommandation, et une publicité non-identifiée. Amazon redémarre donc avec cette nouvelle application le débat sur la divulgation des connexions monétaires entre les annonceurs et les blogueurs (et dans le cas actuel avec les utilisateurs de médias sociaux) soulevé par la FTC en octobre dernier.
Les utilisateurs de Twitter qui tiennent à leur réputation et qui souhaite éviter d’être identifier comme des spammeurs devront toutefois être prudents : certaines réactions des membres du site ont été virulentes ; plusieurs menaçant de cesser de « suivre » les individus participant à cette campagne. En somme, l’introduction de cette nouvelle option, qu’elle soit jugée comme une violation à la Federal Trade Commission Act pour manque de transparence ou non, ouvre une brèche qui risque de changer la nature des conversations sur Twitter, qui sont justement établies sur l’authenticité et la confiance.











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